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        NOUS      Y        SOMMES !!!!!!

                      PREMIèRE 

        LA  ROSE  BLANCHE

 24 octobre 19h   CINEMA  PALACE

 Bd ANSPACH  85  BXL

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La Rose Blanche devient un film à faible budget au sujet d'une époque en pleine évaporation. Il devient un cinéma do-it-yourself avec des nouvelles germes issues de la commune la plus réputée, la plus redoutée et la plus évitée du pays de l’envergure d’une vraie ville de taille moyenne: Molenbeek.

Dans le Molenbeek historique, derrière les fleurs bien entretenues et les plantes cises sur le trottoir du café populaire La Rose Blanche, se cache un morceau d’histoire exceptionnellement intéressante parlant du patrimoine immatériel de Bruxelles.

Les frères grecs Pavlos et Kostas Karassavidis lustrent les robinets de comptoir depuis 44 ans. Ils sont assistés de Iorgos, le fils de leur soeur Chryssoula. Elle nettoie consciencieusement chaque jour le café, soigne les plantes de la haute façade et scrute comme un ange sa mère démente Sofia, la veuve de feu Iorgos Karassavidis, enterré en Grèce.

 

Etranger ici et à la maison aussi!

L'histoire familiale de cette famille de tenanciers commence au début du 20ième siècle en Turquie avec l'exode des Grecs de la région de la mer Noire (le Pontos). Le grand-père Pavlos Karassavidis était l'un des millions de chrétiens Grecs qui devaient, à la suite de la guerre gréco-turque, fuir ce qui sera la Turquie actuelle. Cela s'est produit dans une atmosphère de génocide. Suite aux accords de Lausanne -qui devaient régler le sort des gréco-turcs-  la situation s’est transformée en un échange de population forcé. La relocalisation de tous ces Grecs ethniques dans la patrie grecque est une histoire de déracinement et d'intégration laborieuse en soi. Les 1,5 millions nouveaux arrivants n'ont pas été reçus à bras ouverts et ont été regardés en chien de faïence dès leur arrivée. Le grand-père de Kostas, Pavlos et Chrysoula Karassavidis a été tué par des villageois jalouses lors de la guerre civile grecque qui a immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale et qui a fait encore beaucoup plus de victimes.

La maison de la famille Karassavidis, construite depuis peu, a été brûlée et mise à sac. La famille s'est péniblement rétablie de ces revers.

 

Trains internationaux

Le père Iorgos Karassavidis a cherché son bonheur en Belgique au début des années soixante et a commencé à travailler comme nettoyeur dans les trains internationaux transitant par la gare de Bruxelles-Nord. C'était l’époque du boom de la migration de la main-d'œuvre. Les mines belges avaient grandement besoin de la main-d’œuvre bon-marché. Iorgos n'était certainement pas le seul. Sa famille a d'abord vécu dans le quartier Nord de Bruxelles. Ce quartier a ensuite presque complètement été détruit pour faire place au mégalo projet Manhattan.

La Rose Blanche, ‘un monument du quartier’

Cinq ans plus tard, Iorgos Karassavidis a ouvert un magasin de légumes à Molenbeek, en face du café La Rose Blanche, qu'il a racheté en 1973 de propriétaires belges. Quarante-quatre ans plus tard, l'affaire tourne toujours. Molenbeek a beaucoup changé. Le café et la famille ont vu évoluer un quartier. De nombreux clients actuels ont connu le café à travers leurs pères.

Dans le Molenbeek historique La Rose Blanche est le dernier café subsistant d'une génération de cafés grecs ; un endroit où les cafés où l’on sert de l’alcool se comptent à peine sur les doigts d’une main. La mosquée adjacente est toute prête à s’agrandir et offre de grosses sommes pour cet établissement défraîchi.

 

Le directeur artistique Kris Kaerts, client du café depuis des années, convainc les tenanciers du café de lui laisser capter par l'image l’une et l’autre chose pour la postérité avant la fin inéluctable du lieu. Durant toutes ces années, l'endroit est devenu une balise, une extension du salon pour les habitants du quartier. Et même si on se sait à Molenbeek, la clientèle est pour ceux qui creusent un peu plus profondément, assez diversifiée et cosmopolite.
Derrière l'apparente 'couleur locale', vous êtes plus que surpris par les origines et par la mixité sociale. Un des clients l'a formulé comme suit: 'Ceci n'est pas un café, c'est un monument du quartier!'.

En attendant, nous voilà deux ans plus tard. Le café est toujours ouvert. Une Amicale de la Rose Blanche -un fan club- qui peut en même temps servir de comité de fête et de deuil a vu le jour. Avec cette Amicale, nous organisons des expositions, nous proposons une danse flashmob, nous avons amenons le théâtre d’ombre grec (karagkiozis) à Molenbeek et nous faisons beaucoup de concerts de rebetiko dans le café.
Et tout cela nous le prenons en image.

 

Plus qu'un film!

Un crowdfunding réussi a mis le projet sous les projecteurs et a apporté de nombreux nouveaux clients au café. Les groupes guidés qui visitent Molenbeek boivent aujourd'hui leur pinte dans ce café qui offre une vraie histoire. Durant ce printemps, on pouvait encore apparaître au mur extérieur la phrase triomphale «Kalimera Molenbeek! ». 

 

Comment cela va-t-il se terminer? Nous ne le savons pas. Nous filmerons encore l’une et l’autre chose jusqu'à la fin octobre de cette année. Ensuite commencera le montage. Puis il y aura la tournée. Enfin suivront les échanges et les réunions.

 

Lors du printemps 2018 nous présenterons le film au public en présence des acteurs et des musiciens, sur invitation, dans les centres culturels, dans les cinémas de quartier, dans les entreprises ou dans les paroisses. Ce sera un cinéma spécial. Nous voulons éloigner les gens de leur téléviseur et les déranger par quelque chose de vrai. La philosophie de chaque présentation est de passer d’un film bidimensionnel à un événement tridimensionnel. Parce que notre société peut s’y retrouver avec des rencontres. Avec la présentation de ce film, nous essayons de briser le cercle vicieux du propre milieu, mélanger et susciter des rencontres improbables avec des publics variés, tel que l’on a fait à chaque étape du projet. Organiser des rencontres. On dirait qu’on réinvente un vieux métier: rencontrer le monde. Pourtant, nous y croyons.

 

Intéressé par une de ces soirées? Avec ou sans musiciens? Contactez-nous!

Photography:  Polyxeni Roumeliotis

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